Décryptage : ce que disent les chiffres sur l'asile en 2025

Le Département des Statistiques, des études et de la documentation a publié mardi 27 janvier les statistiques de l’immigration pour l’année 2025 (DSED Asile 2025).

Une baisse des premières demandes d’asile : 

116 476 premières demandes d’asile ont été déposées en France en 2025 (contre 129 909 en 2024 soit une baisse de plus de 10%). Cette diminution se constate aussi plus largement au niveau européen, avec un ralentissement des demandes d’asile qui s’accélère ces derniers mois : les données d’Eurostat, publiées le 15 janvier 2026  communiqué eurosta t), confirment une chute de 28% des premières demandes d’asile déposées dans l’UE entre octobre 2024 et octobre 2025).

S’il est trop tôt pour déterminer les raisons de cette baisse et conclure à son caractère structurel, il semble que cette tendance soit liée au renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l’UE (conformément à la philosophie du Pacte Asile et Immigration et aux politiques “désincitatives au départ” menées à destination des pays d’origine ou de leurs voisins immédiats.

 

Concentration des pays d’accueil et des nationalités accueillies : 

74% des nouvelles demandes enregistrées dans l’UE sont traitées par 4 pays à savoir, l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne. 

En France, la part des 10 premières nationalités dans les premières demandes d’asile représente 59% de la totalité des premières demandes d’asile. Les 5 nationalités les plus représentées sont l’Ukraine, la RdC, l’Afghanistan, Haïti et le Soudan.

Ces nationalités ont un fort taux de protection : Haïti (94%) le Soudan (73%), l’Ukraine (91%) ou l’Afghanistan (78%) ce qui est révélateur de la violence régnant dans ces pays (voir ci-dessous le tableau tiré de l’étude de la DSED .

Globalement, le taux de protection n’a jamais été aussi élevé en France : en 2025, il s’élève à 52,1% (voir ci-dessous le tableau tiré de l’étude de la DSED)

 

Pour les personnes de nationalité afghane, le taux de protection subit des pressions à la baisse. Ainsi, le directeur de l’Office Français pour l’Immigration et l’Intégration (OFII), publiait en juin 2025, une étude controversée “soutenue” par l’Observatoire de l’immigration et de la démocratie (un think tank d’extrême droite financé par M. PE Stérin qui promeut un projet très hostile à l’accueil des personnes migrantes) concluant que “la migration afghane met en lumière les obstacles à l’intégration de communautés qui, en raison de leur développement rapide, n’ont pas eu le temps nécessaire pour s’approprier en profondeur les valeurs de la culture républicaine”. A JRS France, nous émettons des réserves importantes sur ce rapport qui repose sur un parti pris contestable, une méthodologie peu scientifique et tend à essentialiser certaines catégories de personnes. 

Une amélioration du délai de délivrance des titres de séjour : 

Une autre étude de la DSED sur la délivrance des titres de séjour en 2025 (DSED-titres de séjours 2025) mentionne l’ augmentation de la délivrance des premiers titres de séjour pour motifs humanitaires (+36 000, ce qui concerne les bénéficiaires de la protection internationale). Ce chiffre traduit notamment une amélioration du délai de délivrance du premier titre de séjour, ce que nous appelions de nos voeux.

En effet, avant le 1er janvier 2025, les préfectures attendaient la délivrance de l’acte de naissance de l’OFPRA pour lancer la fabrication du titre de séjour. Les personnes bénéficiaires de la protection internationale pouvaient attendre jusqu’à deux à trois la délivrance de leur première carte de séjour. Avec l’instruction donnée aux préfectures de ne pas attendre la délivrance de l’acte de naissance de l’OFPRA, il a été possible de fabriquer plus rapidement les titres de séjour comme l’indique l’étude de la DSED.

Le premier motif de délivrance reste le motif étudiant (voir ci-dessous le tableau tiré de l’étude de la DSED).

Une baisse des régularisations qui interroge… 

Le nombre de régularisation -admission exceptionnelle au séjour-  pour motif économique baisse de 11% sur 2025 confirmant le durcissement de la régularisation par le travail des personnes sans titre de séjour. C’est une conséquence directe de la dernière loi Darmanin et de la circulaire Retailleau de 2025. 

Le nombre de régularisation est estimé à 9140 en 2025. Il apparaît faible et traduit un choix politique très différent de celui mené par certains voisins de la France (ex.: la régularisation de 500 000 personnes annoncées par le gouvernement espagnol – voir sur le sujet : Politique migratoire, l’exception espagnole).

Les remontées des antennes du réseau de JRS France font état de difficultés grandissantes, concernant des situations de personnes vivant en France depuis plusieurs années, qui y travaillent et dont la vie s’est manifestement construite ici. 

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