Décryptage : sortie du rapport d’activité de la CNDA 2025
Première juridiction administrative de France, la Cour Nationale du droit d’asile a sorti son rapport d’activité pour 2025. Vous trouverez les chiffres clés vers ce lien : Chiffres clés 2025.
La Cour a enregistré 60 065 recours (contre 59 497 en 2024) et 53 086 affaires ont été jugées ( contre 61 593 en 2024), dont un peu moins d’un tiers en juge unique (27%) alors même que la dernière réforme de l’asile prévoyait cette règle pour le jugement des affaires.
Compte tenu de l’enjeu pour la personne concernant sa demande de protection, il est important que cela ne repose pas sous la seule responsabilité d’un juge et de son intime conviction.
28% des décisions rendues l’ont été par ordonnance, c’est-à-dire sans que le requérant ait pu avoir accès à une audience.
Le taux de protection est en légère hausse 23,3% (contre 21,3 % en 2024).
On constate que le délai moyen de jugement est de 5 mois et 15 jours, identique à 2024, mais qu’en revanche le délai prévisible moyen s’est rallongé d’environ deux mois par rapport à 2024, soit 6 mois et 22 jours. C’est sans doute la conséquence de la mise en place des chambres territoriales qui ont rendu 10 201 décisions en 2025.
Les trois premiers pays d’origine des requérants sont la Guinée, la République Démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire alors que les nationalités les plus protégées par la Cour sont les personnes soudanaises, haïtiennes, iraniennes, avec une taux qui dépasse les 50%.
Parmi les décisions marquantes, le groupe social des femmes a été reconnu pour les femmes somaliennes mais non pour les femmes iraniennes et pakistanaises.
Le 11 juillet 2025, la Cour reconnaît la persécution d’une femme palestinienne et de son fils en raison de leur nationalité, motif rarement utilisé par le Cour (CNDA, grande formation, 11 juillet 2025, n°24035619 R).
Concernant une autre décision importante de la CNDA sur les opinions politiques ou religieuses imputées par l’acteur de persécution s’agissant de l’occidentalisation des demandeurs d’asile afghans séjournant en Europe, la Cour a restreint son interprétation de l’occidentalisation dans une décision du 11 décembre 2025.
Désormais les personnes afghanes devront justifier d’une opposition politique ou religieuse les exposant à un risque réel de subir des persécutions et le simple fait d’avoir séjourné en Europe et de s’être acculturé ne sera plus suffisant.