UNE NOUVELLE TÊTE ARRIVE À JRS FRANCE

Bienvenue Solange !
Peux-tu nous expliquer ton parcours en quelques mots ?
Bonjour! J’ai fait des études de droit, j’ai un master II en droits de l’homme et droit humanitaire avec une spécialisation en droit d’asile et droit des étrangers. Mais, j’ai toujours su que le droit ne me suffirait pas, que j’avais aussi besoin de lien social, d’engagement “humain”.
J’ai fait mon stage de fin d’études puis travaillé en tant que juriste au sein du centre de soins pour victimes de torture et de violences politiques Primo Levi, à Paris. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur l’importance d’un accueil digne des personnes déplacées par force, mais aussi de la nécessaire prise en charge médicale et psychologique, dès leur arrivée.

Ensuite, j’ai travaillé en tant que référente sociale et juridique dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile à Niort et à La Rochelle, pour finir à Limoges, au sein de l’association HESTIA.
Au sein de cette asso j’ai aussi travaillé sur le dispositif HORIZONS, qui est un dispositif d’hébergement et d’accompagnement social global de personnes statutaires, âgées de 18 à 25 ans.

Pourquoi t’es-tu engagée aux côté des personnes déplacées par force ?
Je me suis toujours battue pour le respect des droits d’autrui et j’ai fréquemment été affectée par les violations des droits humains. Au lycée, j’ai fait un exposé sur la conditions des femmes indigènes aux États Unis (je m’en souviens encore, c’est dire !).

Les injustices et les inégalités m’ont toujours mise en colère.
Par ailleurs, je suis moi-même néerlandaise, et j’ai, je pense, un petit peu ressenti ce qu’était la “différence” de langue, de culture, et les préjugés.
Mais j’ai vraiment décidé d’un engagement auprès des personnes déplacées par force quand j’ai donné des cours de français à Rima, une ressortissante syrienne qui est arrivée avec sa famille et son mari à Jumilhac le Grand (en Dordogne) en 2014-2015. Au travers de nos échanges, j’ai pris conscience de la guerre, des difficultés du parcours d’exil et du parcours d’intégration une fois en France (les obstacles administratifs, la barrière de la langue…). J’ai aussi fait un stage au sein d’une ONG Sud Africaine à Cape Town, et accompagné des demandeurs d’asile originaires de la République Démocratique du Congo.

Ça m’a ouvert les yeux sur la complexité de la demande d’asile, et à mon retour en France j’ai décidé que j’allais me spécialiser en droit d’asile et droit des étrangers, parce que c’était ce qui me correspondait le mieux.
Mes expériences professionnelles m’ont par la suite permis d’élargir mon champ de connaissances et de compétences, et de finalement intégrer l’équipe de JRS France, pour accompagner, servir et défendre les personnes déplacées par force !

Et quelles sont tes passions ?
J’adore la randonnée et le vélo, j’en fais pas assez, mais la région regorge de super sentiers de randonnée et de VTT. C’est génial !

Comment se passent tes débuts au sein de l’antenne ?
Je crois que je le dis régulièrement mais je suis vraiment “ravie”! J’ai énormément de choses à apprendre et à retenir, mais je pense que les valeurs de JRSF, et celles de mes actuels collègues (Lucile et Axel) me correspondent beaucoup.
J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer quelques bénévoles des différents programmes, quelques accueillants et accueillis du programme JRS Ruralité, et je suis enchantée par la belle énergie que dégage l’ensemble des personnes jusque-là rencontrées !

Qu’est ce qui t’intéresse particulièrement au sein du programme JRS Ruralité ?
Je trouve que c’est un programme innovant et important. D’une part, il permet aux personnes déplacées par force qui arrivent ou qui vivent déjà à Limoges de découvrir la campagne environnante, de découvrir des modes de vie différents, et de créer des liens avec des hôtes, seuls ou en famille. Quand j’étais référente sociale en CADA, j’ai pu constater à quel point c’était agréable pour les personnes en demande d’asile de partir en séjour à la campagne, de couper avec la procédure de demande d’asile ou les difficultés quotidiennes, et de “souffler” en tissant parfois des liens très forts avec les familles ou personnes accueillantes.

Enfin, le programme permet aussi aux personnes déplacées par force de se projeter dans l’avenir, en découvrant des métiers du milieu rural, la vie et les activités à faire à la campagne. Toutes les personnes déplacées par force n’envisagent bien sûr pas une vie à la campagne, mais pour certaines, c’est un vrai tremplin, et ça c’est génial.

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