TAJ, AOSAMA, FERDOUS ET MOUSTAPHA : TÉMOIGNAGE D’UN VOYAGE INOUBLIABLE

« EN REVENANT DE SAINT-MALO À PARIS, J’AI EU L’IMPRESSION DE QUITTER LA LUNE, J’AVAIS TOUT OUBLIÉ »
Taj, Aosama, Ferdous et Moustapha ont eu l’opportunité de participer au rassemblement national du MEJ (Mouvement Eucharistique des Jeunes) à Saint-Malo autour du thème “Va, ouvre tes horizons” pendant la semaine de la Toussaint. Tous les deux ans, le MEJ organise un rassemblement de trois jours pour les jeunes de 12 à 18 ans.

Pendant les jours de préparation, Taj, Aosama, Ferdous et Moustapha ont pu intervenir comme bénévoles dans l’installation du site avec Garrett, Antoine, et bien d’autres, puis ont participé comme co-animateurs d’une équipe de jeunes avec notamment Charlotte et Marie-Antoinette. Chacun avait un binôme et était responsable de 6 à 8 jeunes de 15 à 18 ans. Entre moments festifs et de jeux, le témoignage de la team Jolokia, les temps en équipe, mais aussi la mise au service d’associations, c’était une expérience dense et nouvelle.

Le dimanche, trois jours avant le début du rassemblement, toute l’équipe s’est rendue à Saint-Malo.
Les équipes ont commencé à monter des tentes, installer des barnums, à afficher des panneaux, à répartir des livrets, des bandanas, … pour que tout soit prêt à l’arrivée des jeunes venus de toute la France.

Ferdous :

J’étais content de l’invitation au MEJ mais je n’avais aucune idée de ce que c’était !
J’ai appris à monter des tentes, plus de 100 tentes et des barnums, c’était facile.

Garrett :

J’étais rassuré de savoir que je venais avec des personnes que j’avais rencontré à JRS, qui ne savaient pas non plus ce qui allait se passer au RN mais qui se donnaient entièrement au travail de préparation malgré tout. Quand les jeunes arrivent, tout prend sens, mais avant, c’est difficile ! Taj était incroyable, il ne prenait jamais de pause ! Et quand le groupe priait, tous faisaient une pause dans le travail, et les autres volontaires savaient qu’ils étaient en train de prier et pensaient à eux. J’ai adoré le moment de sortie avec Christelle à Saint-Malo, c’était un privilège pour nous d’être là avec elle. On a beaucoup partagé, chanté, dansé et fait 1000 photos au bord de la mer.

Taj :

Lorsqu’on montait les tentes, j’ai montré aux autres comment faire. François a dit : « on regarde Taj, il sait bien plier les tentes ». Et j’ai appris à tout le monde.
Et puis 800 jeunes, accompagnés par des animateurs et des bénévoles sont arrivés le mercredi 31 octobre.
C’était formidable, tout était nouveau pour moi. J’ai connu un nouveau lieu et des nouvelles personnes. Je me demandais : comment je vais faire avec 1000 personnes ? Pour parler avec mon groupe, avec les autres animateurs, tout le temps en français ? C’était difficile. C’était intéressant, tous les jours on commençait avec de la musique et tout le monde chantait.
Mon moment préféré, c’est quand j’ai rencontré mon équipe. Je les cherchais, j’ai demandé à tout le monde et il y a une fille qui m’a aidé. Moi, je suis musulman et je me suis senti bien là. J’aimais bien aider et être animateur. On s’est bien organisé avec Marie-Antoinette (co-animatrice) pour aller avoir les bateaux, on a travaillé ensemble.

Marie-Antoinette :

C’était super sympa. On était avec des méjistes de 17 ans, qui étaient épatants, ouverts, qui avaient fait plein de camps d’été, Marina, une jeune trisomique de 28 ans, notre rayon de soleil, et Taj, présent, discret, très attentif. Il a toujours vérifié qu’on était au complet pour partir à la bénédiction des bateaux.
On a bien discuté pendant les temps de marche, j’ai pu apprendre à le connaître, à connaître son quotidien, sa famille, toutes les langues qu’il parle : il est épatant ! Après, on a échangé les photos, il voulait le maximum de souvenirs. Du coup, en rentrant chez moi en Alsace, j’ai proposé qu’on puisse inviter les mineurs isolés qu’on accueille à l’université au prochain week-end du MEJ, on va voir !

Moustapha :

J’ai adoré le spectacle des jeunes le premier soir. Et la sortie avec Christelle à  Saint-Malo : c’était beau ! Et l’ambiance, avec les musiques, les chants, les vidéos. Il y avait  trop de gens ! Et quand je suis monté sur le podium pour JRS, j’étais content. Tout le monde criait  « Moustapha ». Et je tremblais, j’ai eu peur de monter sur scène et j’ai adoré ! On s’est bien  amusé avec Taj, Ferdous et Aosama.
J’avais la nostalgie après, j’ai regardé les vidéos et les photos tout le temps. J’ai gardé des souvenirs comme le foulard et le tee-shirt. En revenant à Paris, j’ai eu l’impression de quitter la lune, j’avais tout oublié !

Aosama :

« Tous les moments étaient magnifiques. Je n’ai pas aimé les « au revoir », c’était
difficile. On a beaucoup parlé avec Charlotte, qui animait l’équipe avec moi. Est-ce qu’on doit oublier sa culture quand on change de pays ?
Comment on fait ? J’ai aimé le moment de théâtre animé par JRS, on savait quoi dire et quoi faire, c’était rassurant. Les personnes que j’ai rencontré étaient moins tendues qu’à Paris, elles posaient pas les mêmes questions : elles demandent pas si je suis demandeur d’asile mais plutôt ce que je pense et qui je suis. Et tous les soirs, on se racontait entre Taj, Mustafa, Ferdous et moi comment ça s’était passé dans nos équipes.

Charlotte :

J’ai aimé ce pari d’avoir Aosama dans mon équipe, on a établit un rapport d’égal à égal. On a beaucoup échangé sur nos modèles, chacun a cité des personnes proches, et Aosama aussi. Ce n’était pas gagné de penser que sur un sujet culturel comme les modèles on aurait tant en commun. Et j’ai trouvé ça beau et riche pour les jeunes, qu’ils puissent dire qu’ils connaissent « Aosama » plutôt qu’une « personne migrante » et puissent lui témoigner de l’amitié. Ils peuvent donner un visage à l’un de ceux que les médias désignent indistinctement comme « migrants ».

Garrett :

Le premier jour, Moustapha avait un peu peur mais quand je l’ai vu à la fin du RN, son visage avait changé : il avait trouvé une manière d’être, en confiance, avec son équipe. J’ai rencontré en Ferdous un vrai leader, notamment à l’atelier théâtre. Et Aosama ne voulait pas qu’on parte du bus tant que tous les parents soient venus rechercher leur enfant : c’était le plus responsable d’entre nous !

Ferdous :

J’ai trouvé le rassemblement bien organisé avec une belle équipe, chacun savait quoi faire : c’est un beau lieu, on a bien mangé, on a fait attention à ce qu’on puisse avoir nos moments de prière aussi. C’était fatiguant les journées jusque 23h, il n’y avait pas de temps libre parce que tout était intéressant. J’ai appris des nouveaux jeux, à être animateur pour des jeunes. Et c’était une belle ambiance avec beaucoup de rires et de chants. J’ai préféré le moment du témoignage de Raphaëlle, la jeune femme handicapée, c’était beau, ça transmettait de l’énergie. Et bien sûr, les sketchs étaient super ! Si le MEJ accepte, je reviens dans deux ans ou avant si on m’invite à Paris !

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