ÉTAT D’URGENCE DANS LE CAMP DE RÉFUGIÉS DE LA MORIA

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, le camp de réfugiés de Moria sur l’île de Lesbos est parti en fumée. L’incendie d’origine criminelle met en lumière l’insécurité et les conditions de vie dramatiques subies par les migrants dans ce camp saturé, qui jusqu’ici abritait 13 000 personnes au lieu des 2 200 initialement prévues.

Tandis que 400 mineurs non-accompagnés ont été transférés en Grèce continentale à la suite de la catastrophe, l’État grec a immédiatement pris des mesures pour secourir les demandeurs d’asile en danger en mettant à disposition un navire de croisière de 1000 places, deux bâtiments de la marine grecque et 3500 tentes militaires. L’armée est aussi intervenue pour fournir de l’eau et des rations. A l’échelle européenne, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maa a notamment exprimé son soutien, appelant à la solidarité : « Nous devons au plus vite déterminer comment nous pouvons soutenir la Grèce », et, parmi ces aides, « figure une répartition entre pays de l’UE prêts à accueillir [des migrants] ».

La situation du camp de Moria est extrêmement critique depuis maintenant plusieurs années, et les conditions de vie déplorables des réfugiés ont été dénoncées maintes fois par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Le manque d’hygiène est particulièrement alarmant : il faut faire la queue des heures pour se laver, obtenir à boire ou à manger, il y a une toilette pour plus de 100 personnes et l’électricité est régulièrement coupée. L’ultra-proximité des habitants du camp et le stress permanent sont aussi source de tensions et de violences entre les réfugiés. Moria, c’est aujourd’hui un bidonville surpeuplé, en proie aux tensions entre les migrants et la population de Lesbos qui s’inquiète de la saturation de l’île et se montre hostile envers ces nouveaux arrivants.

En réaction à ce drame qui bouleverse une fois de plus la vie de ces personnes déplacées, JRS Europe a appelé les gouvernements européens à agir avec solidarité et à s’accorder sur un système plus juste pour partager la responsabilité de la protection des réfugiés en prenant en compte leurs besoins et en respectant la dignité de chacun.

Vous pouvez lire le témoignage du Père Maurice Joyeux, directeur de JRS en Grèce, dans cet article.

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