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Nous avons lu...



Serge Daniel, Les routes clandestines. L’Afrique des immigrés et des passeurs (Hachette Littératures, 2008).
Ce livre est le résultat d’une enquête de 4 ans que le journaliste béninois Serge Daniel a conduit de Lagos à la fameuse enclave espagnole de Ceuta. Son objectif : aller à la  rencontre des clandestins, faire un bout de chemin avec eux.
Une récolte de récits et de témoignages de jeunes hommes et de jeunes femmes prêts à tout pour atteindre l’Europe, la nouvelle Terre promise. Il faut réussir à tout prix, la philosophie du clandestin est « continuer le chemin ou mourir ». Le froid, le désert, la faim, rien ne leur fait peur. Du départ qui prend la dimension d’un parcours initiatique nait aussi la fierté de l’immigré qui ne veut pas avoir honte et qui est prêt à tout pour arriver en Europe : « plutôt la mort, mais pas la honte ».
Histoires de faux passeports, d’escroqueries, de réseaux mafieux, de « marchands d’illusions », de filières d’immigrations clandestines qui encouragent au départ et qui alimentent des fausses espoirs.

Il est intéressant de voir les routes des clandestins dessinées  sur la carte d’Afrique sur le site http://www.rfi.fr/francais/actu/articles/098/article_62819.asp ainsi que le lexique du clandestin à la fin du livre.
[Milena Landèche]


Alidad Shiri e Gina Abbate, Via dalla pazza guerra. Un ragazzo in fuga dall’Afghanistan (Il Margine, Trento 2007).

Alidad n’a pas d’avenir en Afghanistan : il faut trouver le chemin pour fuir cette guerre idiote. Hazara chiite, il quitte son pays lorsque ses parents ont été tués par les bombardements. Pakistan, Iran où il travaille de nuit pour gagner l’argent du voyage vers l’Europe, puis Turquie, Grèce, la cachette sous le camion qui part, par mer, vers l’Italie. Voilà la fuite d’Alidad, la plupart du temps en petit groupe de jeunes gens. Histoire émaillée de plein de petites notations qui font découvrir sa vie de l’intérieur.


Marc Bernardot, Camps d’étrangers  (Editions du Croquant 2008).
L’auteur propose une sociologie historique des camps d’étrangers en France depuis la Première Guerre mondiale. Cet ouvrage questionne tout d’abord le terme de camp, qui décrit une réalité multiforme : celle d’un placement forcé et d’un déni de droits dans un espace clos, de circuits de déplacement surveillés et réservés, de la mise au travail forcé ou de l’interdiction de travailler, d’une limitation drastique des contacts avec le reste de la population. Il examine ensuite la technique de la mise en camp et les formes variées que prennent les camps d’étrangers selon les contextes et les objectifs des pouvoirs publics. Il s’intéresse enfin à ces populations mises au secret.
[voir la présentation complète sur le site de Terra]


Smaïn Laacher, Le peuple des clandestins (Calmann-Lévy, 2007)

Un beau travail d'enquête de plusieurs années auprès des clandestins, ceux et celles qu'on ne voit pas, errants pendant longtemps d'un pays à un camp, d'une forêt à une frontière. Portraits et récits de grande qualité.

Si la ligne droite de leur vie se brise, s'ils entrent ou sont jetés dans une vie indigne à vivre, si l'incertitude est leur lot quotidien, s'il leur est plus que difficile de dire son droit sans faire peur, ces hommes et ces femmes forment quand même un "peuple" : par leur ténacité à vivre leur humanité, et par des actes proprement politiques qui reconstruisent malgré tout un ordre, des relations. (jan 2008)


Anne de Loisy, Bienvenue en France !, Ed. Cherche-Midi, 2005.

Injures racistes, passages à tabac, intimidation et harcèlement : la " zapi 3 ", zone d'attente de Roissy, a longtemps été la " honte de notre république ".
À la première frontière de France, chaque année, 20000 étrangers sont retenus jusqu'à l'éventuelle obtention de leur autorisation d'entrer sur le sol français. Il aura fallu les décès de deux clandestins pour que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, y autorise la présence de la Croix-Rouge française, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Que s'y passe-t-il aujourd'hui ? 
Pendant six mois, Anne de Loisy a été médiatrice de la Croix Rouge, intermédiaire entre les étrangers et la police, sans jamais révéler son véritable métier. La situation a souvent été éprouvante mais, pour rapporter ces faits et ces témoignages, il était nécessaire de prendre des risques. Ces étrangers en situation irrégulière le méritent : ils n'ont jamais la parole.


Jean-Paul Dzokou-Newo quitte le Cameroun pour se rendre en Europe. Il traverse le Nigéria, le Niger, l’Algérie, la Libye, puis, via l’Algérie encore, le Maroc où il tente de passer la barrière de Melilla, chute et se blesse gravement, nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence réalisée par les Médecins Sans Frontières et une immobilisation complète pendant trois mois que lui offre le Père Joseph Lepine, à Oujda, au Presbytère de la Paroisse Saint-Louis, véritable oasis humanitaire pour de nombreux exilés. Soirs après soirs, en discutant avec Jean-Paul, le Père Joseph lui fait raconter son histoire et rédige ce long récit épique et souvent dramatique ; un témoignage d’une rare précision sur la vie et les évènements quotidiens que subissent les exilés, déshumanisés tout au long de leur marche en liberté et qui, souvent, résistent à cette déshumanisation grâce la foi.

                                           voir le site de Terra d'où cette présentation est extraite


Camp ouvert à Sangatte, camp fermé à Lampedusa en Italie, zones d’attente dans les aéroports ou encore zones ultra-sécurisées de Guantanamo, sans compter les camps récemment apparus en Libye, notamment pour « contenir » l’afflux de migrants venus d’Afrique sub-saharienne et d’ailleurs, les centres d’internement administratif se multiplient à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union européenne.
Dans la réalité, les camps pour étrangers ou « combattants ennemis » sont des institutions fort diverses. De l’accueil des réfugiés et des migrants à la « guerre » contre le terrorisme international, des techniques répressives communes, et parfois anciennes sont employées. 
Les politologues, philosophes, sociologues et juristes réunis dans le présent ouvrage analysent ce phénomène singulier caractérisé par la stigmatisation, la violence et des mesures d’exception qui tendent à devenir permanentes. 

                                                    voir le site de Terra d'où cette présentation est extraite


 


    

Serge Daniel, Les routes clandestines

Alidad Shiri, Via della pazza guerra

Marc Bernardot, Camps d'étrangers

Smaïn Laacher, Le peuple des clandestins

Anne de Loisy, Bienvenue en France !

  

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