Barnabé, ou une journée ordinaire de demandeur d’asile

La journée de Barnabé commence tôt. Il est 1h du matin, et le jeune homme sort de l’appartement parisien qui l’accueille en essayant de ne pas faire du bruit pour se rendre à Bobigny. En demande d’asile depuis un an, il n’a toujours pas été convoqué pour son entretien, et il doit se rendre à la préfecture pour renouveler son récépissé.

C’est la dixième fois depuis qu’il est arrivé : d’abord, il lui fallait se présenter, puis, retirer son dossier, puis compléter son dossier, puis revenir parce que les documents fournis n’étaient pas les bons, ou bien n’étaient plus valables (un certificat de domiciliation datant de moins de 2 semaines avait été exigé).  Ensuite, le certificat était bon mais la photo trop sombre, et la fois suivante le certificat était trop vieux…  « Au début, je me mettais en queue à partir de 5h, mais le matin je finissais par rester dehors, car le nombre d’entrées est limité. J’ai commencé alors à arriver vers 3h, mais puisqu’il y a des personnes qui se mettent en queue très tôt pour vendre leur place au plus offrant le matin suivant, je me trouvais aussi devancé. Maintenant, j’arrive à 2h, et ça va.  » Ca va . C’est le 1er février  2012, il a fait -9° cette nuit, mais Barnabé a pu renouveler son récépissé. Ses droits à la santé, sa carte solidarité transport, les 300 euros qui devraient lui permettre de se loger, se nourrir, s’habiller, utiliser les transports… ne seront pas coupés. C’était une bonne journée.

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