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Récits d'engagements

 

Des barreaux discrets
Cet été, Nicole Debray, de JRS France, a passé un mois à Londres avec JRS UK. Elle a visité avec deux volontaires le Centre de rétention d’Hardmondsworth.

Ce vendredi 22 août, un bus en provenance d’Heathrow nous dépose, deux religieuses et moi-même, à 10 mn à pied du Centre d’Harmondsworth (Immigration Removal Center). Nous devons y rencontrer Stephan, un “retenu” congolais. Nous longeons d’abord l’hotel Sheraton. C’est à côté de celui-ci que se trouvent les Centres d’Harmondsworth et de Colnbrook.
Colnbrook a ouvert en septembre 2004.  Y sont internés des hommes qui présentent un danger pour la sécurité ou qui seront expulsés dans un délai assez bref. Le règlement est plus strict qu’au Centre d’Harmondsworth et que dans les prisons anglaises, suite à une révolte de détenus qui ont mis le feu à certains batiments.
Le Centre d’Harmondsworth a été ouvert en 2001. Les 250 hommes qui y sont internés peuvent être soignés, suivre des cours, se distraire… Ce sont des réfugiés ou des sans papiers ; la plupart seront renvoyés dans leur pays d’origine.
Les batiments font plutôt penser… à une prison. La procédure d’accès ne laisse  aucun doute : enregistrement d’état civil,  photo, examen de l’attestation fournie par le JRS, questionnaire, empruntes digitales, fouille à corps. Nous ne pourrons prendre que quelques livres anglaises pour la machine à café.  Il nous faura patienter une petite demi-heure et franchir encore deux grilles avant de pouvoir être admises dans le vaste hall où Stephan nous attend.
Le décor surprend de manière agréable : moquette gris clair, fauteuils bas entourant de petites tables, distributeurs de café, coin avec quelques  jouets et des jeux pour tout-petits, grandes baies vitrées… aux barreaux discrets ! Mais l’omni-présence des gardiens, le bruit des clés chaque fois qu’un détenu arrive ou repart… créent une atmosphere sourde. Nous sommes enfermées avec eux.
La conversation avec Stephan est facile. Il reste souriant malgré la menace qui pèse sur lui : il s’est fait prendre avec un faux passeport et a maquillé un document pour éviter la rétention : il risque le renvoi dans son pays, sans sa petite fille de deux ans, dont la grand-mère prend soin à Londres. Le téléphone portable lui a été donné par le JRS. A la prochaine visite, les soeurs lui apporteront quelques objets : un dictionnaire d’anglais, des CD de musique classique, quelques livres  de philosophie et de spiritualité. Stephan est croyant et sa foi en Dieu lui apporte réconfort et espérance.
Sur le chemin du retour, je ressens le stress en repensant à notre visite. Je prie pour cet homme et ses compagnons entr’aperçus. J’ai l’impression de n’avoir rien fait de cette longue après-midi ! Rien ? Non !  J’ai essayé d’accompagner Stephan en étant là avec et pour lui, avec un regard d’amitié, de respect, de bienveillance pour cet autre moi-même. C’est cela principalement “l’oeuvre de Dieu” que le JRS fait, au-delà des actions menées, qui ont aussi leur importance.

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"Ce ne sont pas des criminels"

Selon l’Arrêté royal du 2 août 2002, les centres fermés sont des «  lieux situés sur le territoire belge, gérés par l’office des étrangers, où un étranger est détenu, mis à la disposition du gouvernement ou maintenu. » En Belgique, ils sont au nombre de six pour une capacité d’hébergement actuelle de 628 places environ. Les ONG sont autorisées à visiter ces centres. Nathalie Salazar Medina, membre de JRS-Belgique, est une visiteuse du centre pour illégaux de Bruges qui compte 112 places. Elle s’y rend au moins une fois par semaine…


Comment a commencé cet engagement auprès des centres de rétention ?
Vers l’année 2000 le JRS Belgique a été fondé parce qu’il n’y avait pas d’autres associations qui s’occupaient uniquement des centres fermés de rétention des demandeurs d’asile. J’ai commencé au JRS Belgique comme aide administrative en 2006, et à cause des changements dans l’équipe, j’ai commencé à faire des visites il y a six mois. Dans l’équipe il y a plus ou moins 6 volontaires
Que faites-vous lors d’une visite au centre fermé de Bruges ?
Je commence par parler avec la direction du centre sur des questions générales et on parcourt la liste des personnes que je veux rencontrer. Puis, je rencontre une personne à la fois dans une salle ou je reste toute la journée. J’y vais une fois par semaine. C’est à une heure et demie de route (je prends un train puis un bus).
Quelles sont vos impressions quand vous arrivez ? 
Un sentiment très fort d’enfermement ; je me sens triste en voyant ces personnes sous la  surveillance de caméras. Il ya aussi cette impression générale de séparation : quand on voit les barbelés, on sait qu’on est dans une prison !
Pouvez-vous décrire le centre ?
Il y a une aile pour l’administration, qui est bien séparée des ailes où vivent les détenus. Il y a une capacité de 112 personnes qui sont divisées en 6 groupes (4 groupes d’hommes, 2 de femmes). Chaque groupe a un dortoir (on dort à 20 personnes). Il y a 1 réfectoire, 1 court divisé en deux pièces, 3 salles de récréation, 1 salle de sport, une aile médicale, 3 cellules d’isolation. Les personnes se déplacent en groupe.
Comment choisissez-vous les personnes que vous visitez ? Combien de temps passez-vous avec elles et de quoi parlez-vous ? 
Nous ne pouvons rencontrer que les personnes inscrites sur une liste. Les noms doivent être faxés au centre un jour avant la visite. Nous laissons toujours à disposition les coordonnés pour nous joindre. Souvent les détenus nous appellent eux-mêmes ; quelquefois ce sont leurs  amis ou des membres de la famille. 
Ce dont nous parlons ? Cela dépend de la personne, parfois c’est 10 minutes, parfois jusqu’à 2 heures. Dans la plupart des cas nous parlons de leur situation juridique (les procédures), mais parfois ils parlent de leur vie dans le centre et en-dehors du centre. Je laisse la parole aux détenus, le sujet de la conversation doit être choisi surtout par le détenu.
Comment les personnes vivent-elles le temps de détention ?
Très mal, sans aucun doute ! Elles le ressentent comme une injustice. Les  demandeurs d’asile déboutés se sentent assimilés aux criminels. C’est un temps très dur, avec beaucoup de stress et plein d’un sentiment d’injustice et d’incompréhension.
Qui sont les « détenus » ? De quoi ont besoin ces personnes ? 
A Bruges, ce sont souvent des personnes qui sont depuis longtemps en Belgique. Elles sont restées après avoir reçu un ordre de quitter le territoire, beaucoup de ces personnes ont des attaches durables et des projets de mariage. D’où viennent-elles ? Elles viennent de l’Afrique du Nord, ou de l’Afrique noir. Parfois aussi des Iraquiens, des Pakistanais, des anciennes républiques Russes.
Les personnes attendent qu’on les écoute et qu’on leur explique ce qui se passe, les raisons de la détention. Les assistants sociaux ne leur donnent pas toujours suffisamment d’explications.
Vous qui allez souvent dans ce centre, votre regard a-t-il changé sur ces personnes ?
Oui, avant, j’avais très peu de contact avec ce groupe de notre société. Cette rencontre avec une situation de l’humanité qui a besoin d’une action pour un changement, une participation me motive beaucoup. Je me sens plus liée à eux, j’essaie de comprendre ce qu’ils vivent. Souvent que je leur donne des précisions au niveau juridique : je leur explique bien que c’est l’avocat qui doit les défendre, que moi, je peux juste contacter leur avocat et parfois faire des suggestions. Mais surtout que je les écoute tout simplement. Les personnes m’attendent, parce que je leur dis toujours quel jour je viendrai la semaine suivante.
Je ne leur apporte rien de  matériel (sauf parfois des explications sur les procédures, des informations sur papier), mais j’essaie de les renforcer,  de les soutenir et de les consoler parfois. Je leur apporte un tout petit peu de lumière dans le tunnel dans lequel ils se trouvent. Parfois c’est très important pour elles de pouvoir parler, dire simplement ce qu’elles vivent dans leur situation. Pour moi, ce qui est important c’est ce contact. Que ces personnes entrent en relation, une relation avec quelqu’un de différent par rapport à leur cadre de vie actuel. Par ma visite, j’essaie de les appeler par leur nom. Ce sont des êtres humains avec une dignité.
Voyez-vous les mêmes personnes plusieurs fois ?
Oui, souvent je vois les personnes chaque semaine pendant 4 mois. Une relation s’établit, c’est sûr…j’ai eu de belles conversations, mais j’ai aussi vu la détresse et la désolation des personnes qui laissaient leurs émotions couler par  leurs larmes, leurs cris. Cela me fait grandir dans les liens que je crée avec elles. J’éprouve du respect, de la compréhension ; il est vrai que je suis poussée à la patience, mon regard doit quelque fois aussi se faire plus critique sur la situation.
Qu’est-ce que vous avez envie de partager avec d’autres sur ces personnes et sur ce qu’elles vivent ?
Je voudrais dire combien c’est dégradant et dur pour les détenus de se trouver là-dedans. J’aimerais partager avec les autres sur le fait que nous ne sommes pas au courant de ce que vivent ces personnes. Quelquefois cela ne nous intéresse pas, nous estimons que ça ne nous concerne pas. Pourtant, il me semble important de faire savoir que ce ne sont pas des criminels ; que ce sont des histoires d’êtres humains arrêtées, interrompues quelquefois ; que se sont des rêves et des espérances coupés en chemin.  Pour cette cause  JRS lance des appels de temps à autre. Parfois nous participons  à des veillées autour du 20 juin et nous  parlons de notre action et invitons le public à ouvrir les yeux.
Quelles sont les principales revendications de JRS Belgique sur la rétention ?
On veut la fin de l’enfermement des familles avec enfants. On veut des alternatives. Nous défendons ces buts en liaison avec d’autres associations et des contacts au niveau politique.
Qu’est-ce qui est plus difficile pour vous dans votre action ?
C’est dur de voir qu’on renvoie  des personnes valables et qui ont commencé à construire leurs vies en Belgique. J’ai rencontré des personnes avec des valeurs et qui se sentaient d’ici. Quand je vois ces personnes avec des dons, des capacités ; des personnes qui pourraient être entrain de travailler et qui sont enfermées, je me dis quelque fois que c’est une perte de temps et surtout de talents.
Avez-vous besoin de vous former ?
Oui, surtout sur des sujets juridiques. Comment cela se passe ? Parfois on a l’occasion de suivre des formations techniques, organisées par des associations spécialisées. Nous avons aussi des rencontres d’information et de partage entre visiteurs. Puis au niveau même du JRS, à l’occasion des comptes-rendus, nous faisons des reprises avec des juristes.
Qu’est-ce qui est le plus heureux pour vous dans ces visites ? 
De voir que par ces visites tout un monde s’ouvre que je ne connaissais pas jusqu’ici. Quelquefois aussi, je reçois des coups de fil de détenus qui m’informent qu’ils ont reçu l’accord de rester.  Il y a comme un processus en moi d’oubli de moi-même pour les autres.

(Interview recueillie par Valentine Paule Mbarga).                      
JRS Belgique

Jacques Lafosse, bénévole Cimade au Local de rétention de Cergy-Pontoise.

La Cimade Ile de France a constitué il y a un peu plus d’un an une équipe de bénévoles qui tiennent des permanences au Local de rétention administrative (LRA) à l’Hotel de Police de Cergy-Pontoise. Il s’agit de défendre les personnes étrangères en instance de reconduite à la frontière, à qui a été notifié un Arrêté de reconduite à la frontière (APRF) ou une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il s’agit d’examiner les moyens éventuels d’un recours contre la reconduite au Tribunal administratif (TA), et de voir s’il n’y a pas lieu de demander la libération de l’étranger au Juge des libertés (JLD) durant l’audience au Tribunal de grande instance (TGI).
Jacques Lafosse habite Cergy-Pontoise, et fait partie de l’équipe depuis son origine. Retraité et grand-père, il dispose d’une certaine disponibilité pour défendre et accompagner les étrangers en instance de reconduite.


Jacques, vous intervenez au Local de rétention, au Tribunal de grande instance, au Tribunal administratif, quel est le service que vous estimez le plus utile pour les étrangers ?
En fait, ces différentes actions en ces trois lieux forment un tout. Nous rencontrons l’étranger pour la première fois au LRA, puis nous l’accompagnons au TGI, et le cas échéant, nous allons au TA pour le recours contre la reconduite. Nous assurons ainsi un suivi sur l’ensemble de la période de rétention. Certes, on a un point de vue plutôt sur l’histoire de la personne au LRA et au TGI, un point de vue plus juridique au TA. Le moment au LRA est assez actif, et permet de sentir un début de stratégie ; au TGI, on est en position d’assister l’avocat – souvent de permanence, et là, souvent, on rencontre la famille ; au TA aussi on aide l’avocat, mais là en fait c’est le recours que nous avons fait nous, non l’avocat, qui est examiné. Mais en ces divers moments, on peut mettre en ordre les choses, mieux percevoir la cohérence du parcours de la personne étrangère et ainsi mieux la défendre contre la situation urgente et dangereuse qu’elle traverse en rétention. Evidemment, le plus important, ce n’est pas paradoxalement la libération de l’étranger de la rétention – même si on se bat beaucoup pour l’obtenir, c’est surtout l’annullation de l’arrêté de reconduite du Préfet, car, même libre, cet arrêté reste ce qui menace gravement l’étranger. Ce qui se passe avant le recours éventuel, cela le nourrit, lui donne sa force. L’étranger lui-même perçoit peu à peu cela ; le fait de retrouver la personne de la Cimade qu’il a vue au LRA, au TGI l’aide beaucoup, il se sent accompagné, suivi.

Pourriez-vous raconter une situation qui vous a particulièrement touché, dont le souvenir vous marque ?
Je me rappelle surtout ce couple malien, habitant depuis 7 ans en France, avec un enfant en bas âge. Ils se présentent spontanément en Préfecture, car, conscients de la précarité de leur situation et des risques forts de reconduite, ils cherchent une protection pour l’enfant. Ils veulent déposer une demande d’asile à l’OFPRA, et ils ont des raisons pour cela. A l’épouse, on remet un formulaire de demande d’asile ainsi qu’une autorisation provisoire de séjour, mais lui est interpellé et mis en rétention !  Ils sont tous les trois bien intégrés, ils font des efforts pour cela, ils parlent bien le français, ont des relations. Le Juge des Libertés va remettre le monsieur en liberté, jugeant l’interpellation déloyale – mais la Cour d’Appel infirmera la décision…
Une autre situation. Une famille monte d’Aix à Paris, un monsieur tunisien marié, avec une petite fille de trois ans. L’épouse a un cancer et doit être soignée en France. J’ai eu un mal fou à obtenir un certificat du médecin traitant, qui ne voulait pas me le délivrer sous prétexte que ce devait être une demande de la Préfecture.

Qu’est-ce qui vous paraît le plus contraignant, le plus urgent à réformer dans la législation actuelle concernant la reconduite ?
Il faudrait poser la question aux spécialistes juridiques de la Cimade ! Nous, nous avons commencé il y a un an seulement.
Ce que je trouve très dur par rapport à la rétention, c’est le fait que les décisions prises par la Préfecture apparaissent souvent comme prises rapidement, avec aussi une pesanteur et une résistance à les reconsidérer lorsqu’on attire l’attention sur les situations des étrangers.
Je trouve aussi que le cadre législatif qui est le nôtre ne permet pas de reconnaître et de prendre en compte les situations des étrangers qui cherchent à construire quelque chose, au vu de ce qu’ils ont vécu pour arriver jusqu’ici. Ils se présentent bien, ils cherchent à transformer leur vie, ils tentent de bâtir un avenir, et cela n’est pas reconnu. La loi s’applique en fonction de définitions qui encadrent les situations qu’elle prend en compte, et souvent il est difficile d’entrer dans ces « cases ».
Et puis, nous avons du mal à prendre distance par rapport à tout ce cadre juridique, qui est foisonnant, touffus, difficile à saisir, mouvant, pour pouvoir accueillir l’étranger dans l’histoire de sa migration, dans l’histoire de sa vie, avec tout ce qu’il y met de lui en termes d’efforts et d’attentes.

Est-ce que vous pourriez nous dire ce qui a motivé votre engagement comme bénévole à la Cimade sur la reconduite ?
Pendant ma vie professionnelle, j’ai été attentif à participer à la vie civile, en faisant partie d’associations qui défendaient une chose précise, en étant mobilisé avec d’autres. Je suis maintenant à la retraite, la vie de famille me laisse du temps. Je me suis rendu compte qu’à travers les engagements associatifs que j’avais, je m’occupais des « choses », en fait – tel problème, telle amélioration. J’ai eu le désir de passer au service des personnes. Et comme l’annonce de la Cimade est paru à ce moment-là, j’ai saisi l’occasion. Et puis, la situation de l’étranger ne m’était pas inconnu, elle me touchait de près, dans ma famille.

Quelle vous paraît être la meilleure qualité de l’engagement Cimade en rétention ?
C’est surtout et avant tout le fait d’être présente sur ce terrain-là, celui de la rétention, qui est un terrain difficile. J’admire la manière dont la Cimade, avec son expérience des étrangers, a réussi à s’immiscer sur le terrain de la rétention, par choix et avec une volonté politique forte : c’est fort d’être arrivé à être reconnu comme un acteur nécessaire et compétent par les autorités de l’Etat. Se donner les moyens d’être un partenaire, tout en conservant la capacité de coups de colère ou de révolte, c’est un esprit que j’apprécie.
Et puis, j’apprécie aussi que l’engagement bénévole implique une dimension de relation personnalisée avec les personnes étrangères – ce qui fait contraste avec les types de relation que l’étranger a, pendant la rétention, avec l’administration, la justice. Même pour les collègues de la Cimade qui sont des professionnels, comme dans les centres de rétention, on sent cette dimension personnalisante. Sans parler de la disponibilité.

Est-ce qu’il y a une question qu'on aurait dû vous poser ?
Nous nous sommes bagarré, en équipe du LRA, sur les conditions de rétention, notamment sur la question de l’accès au téléphone, il y a fallu plusieurs jugements du JLD et des recours à la Cour d’Appel de Versailles… En ce moment, nous discutons avec les responsables de la police sur les conditions matérielles de nos entretiens au LRA.
Tout en se bagarrant sur ces conditions, je ne suis pas horrifié par la rétention – parce que le plus important, je l’ai dit, c’est d’arriver à annuler l’APRF. Ce qui me choque beaucoup, par contre, c’est les conditions d’interpellation, et le menottage des étrangers. Il y a là une symbolique de criminel – ce qui n’est pas le cas de la personne étrangère en situation irrégulière, c’est une opprobre inutile. Il faut traiter les personnes avec décence, sinon avec humanité : leur difficulté, c’est un problème de papiers, ces gens ont bravé beaucoup, ils ont droit à un minimum de dignité – non à des menottes quand ils sont interpellés.

 


    

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