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L'accès à l'asile : oui, mais...
(janvier 2010)
La personne étrangère qui vient demander l’asile en France commence, dès son arrivée à l’aéroport, un parcours long et difficile. Un parcours d’obstacles. Pendant lequel, à plusieurs moments, elle risque d’aboutir dans une impasse, voire d’être refoulée sans délai dans le pays d’où elle vient. Et cela : dès le contrôle à la passerelle de l’avion ; parce que sa demande est déclarée manifestement infondée lors du séjour dans la zone d’attente ; parce qu’il s’avèrera qu’elle est entrée par un autre pays européen (ré-admission selon Dublin II) ; parce qu’elle vient d’un pays que nous jugeons « sûr » ; parce que sa demande est jugée abusive ; ou parce qu’au bout d’un refus de l’OFPRA confirmé par la CNDA, la personne devient irrégulière et peut faire l’objet de mesures d’éloignement… Tous ces obstacles dûment inscrits dans notre législation obéissent à deux raisons. D’abord, un doute a priori sur le bien-fondé d’une demande d’asile, qui pousse à discriminer de manière pointilleuse le demandeur d’asile du migrant dit économique ; les Anglais appellent cette procédure « screening interview ». Et puis, parce que l’Etat veut exercer un contrôle souverain sur l’accès au territoire, ce qui a pour effet de faire beaucoup dépendre l’accès à l’asile de conditions d’accès au territoire. Devant celui ou celle qui vient chercher asile et protection en France, ne pourrions-nous pas retrouver la hâte d’accueillir qui caractérise l’hospitalité abrahamique ? Comment incarner, dans nos mentalités, dans notre législation, cette disposition à l’accueil qui caractérise notre tradition ? . . . . . .
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