Peau pour peau

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Écrit par JRS France Samedi, 14 Janvier 2012 11:15

« Peau pour peau... touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu'il te maudira en face ! » : c'est ainsi que, dans le livre de Job, l'Accusateur insinue le doute sur les intentions de Job, et tente d'en atteindre à son intégrité corporelle.

Depuis quelque temps, un bon nombre de personnes qui demandent l'asile en France s'abîment les doigts, de sorte que leurs empreintes deviennent illisibles. Une récente note de service du directeur de l'OFPRA enjoint le rejet systématique de la demande d'asile de ces personnes.

Certes, on pourra estimer que cette mutilation constitue une fraude vis-à-vis des procédures légales, encore que cette éventuelle fraude concerne en fait l'accès au séjour et non la demande d'asile.

Cependant, il faut voir les choses en face : comment un système de procédures peut-il en arriver à provoquer des personnes à se mutiler corporellement, pour qu'on finisse par prendre en compte leur demande ? Pouvons-nous accepter que notre système d'accès à l'asile soit constamment modifié, et toujours dans le sens de la suspicion et du doute systématique («manifestement infondée», comme on peut qualifier une demande d'asile à la zone d'attente) sur les intentions des personnes ? Bien au contraire, c'est sur la base d'une attitude réaliste d'accueil qu'il s'agit d'entendre, de considérer et de traiter les projets migratoires et la demande d'asile, dans le respect des personnes et de nos engagements internationaux.

Par exemple, soumettre l'accès au dossier de demande d'asile à l'autorisation de séjour (d'où la question des empreintes) n'obéit qu'à une logique de contrôle crispé, et non aux conventions auxquelles notre pays a souscrit. C'est l'OFPRA qui doit traiter la demande d'asile, dès sa formulation, et ce sans intervention préalable des Préfectures.

 

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